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Lettre ouverte de l’étranger  – #NoussommestousAyotzinapa

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Ils les ont emmenés vivants, nous voulons les récupérer vivants !

[S’il vous plaît, ne pas publier jusqu’au 22 octobre 2014. Merci de le faire circuler et signer autour de vous si vous habitez à l’étranger. Merci d’avance de lire cette lettre.]


17 octobre 2014

Lic. Enrique Peña Nieto

Président de la République

Lic. Miguel Ángel Osorio Chong

Ministre de l’intérieur

General Salvador Cienfuegos Zepeda

Ministre de la défense

Lic. Emilio Chuayffet Chemor

Ministre d’éducation

Lic. Jesús Murillo Karam

Procureur Général de la République

Lic. Ángel Heladio Aguirre Rivero

Gouverneur constitutionnel de l’état de Guerrero

Dip. Silvano Aureoles Conejo

Président de la Chambre de députés

Sen. Miguel Barbosa Huerta

Président du Sénat

Ministro Juan N. Silva Meza

Président de la Suprême Cour de Justice de la Nation

Dr. Raúl Plascencia Villanueva

Président de la Comission National des Droits de l’Homme

A tout(e)s les mexicain(e)s

À tous ceux qui, depuis l’étranger suivent les récents événements violents

A l’opinion publique

Aux 43 étudiants d’Ayotzinapa portés disparus, à leurs familles et amis,

Nous, étudiants, professeurs et chercheurs mexicains et de diverses nationalités, résidant à l’étranger, nous nous joignons aux voix préoccupées par la violence qui prévaut au Mexique.

Les faits qui ont eu lieu à Iguala, Guerrero le 26 septembre 2014 en représentent une des manifestations les plus exécrables dans l’histoire du pays. Il n’y a pas de mots pour exprimer l’horreur et la colère que nous éprouvons face à l’assassinat de six personnes, dont trois étudiants de l’Ecole Normale Rurale “Raúl Isidro Burgos” d’Ayotzinapa (l’un d’entre eux sauvagement écorché), et face à la disparition, orchestrée par le gouvernement et la police locale, de 43 autres étudiants.

Nous sommes solidaires avec les demandes de justice et partageons la douleur des familles, amis et compagnons des étudiants d’Ayotzinapa. Nous sommes profondément indignés de voir que, face à l’ampleur des faits, le gouvernement mexicain livre des déclarations contradictoires et présente des résultats aussi “nuls” ou “futiles” et surtout préoccupants : les irrégularités dans l’enquête augmentent chaque jour sans que l’on sache rien de l’appréhension des coupables ou de la localisation des 43 étudiants, et en même temps de nombreuses fosses supplémentaires ont été découvertes, ainsi que de nombreux cadavres.

Combien de ces tombes allons-nous encore découvrir dans le pays ? Combien de personnes y ont fini ? Et combien doivent-ils le même sort ?

Jusqu’à présent les noms des détenus et les lignes d’enquête n’ont pas été rendus publics.

La lenteur et l’apparente négligence avec lesquelles avancent les enquêtes sont lamentables.

Les autorités mêmes ont entravé la participation d’un groupe des médecins légaux argentins spécialistes dans l’identification de cadavres. Les parents des disparus se sont lancés pratiquement seuls à la recherche de leurs enfants. Ce qui s’est passé est déjà terrible en soi, mais l’attitude générale adoptée par les organes de gouvernement constitue un affront à l’intelligence et au sens d’humanité de ceux qui observent à distance. Nous sommes indignés par la manière dont les autorités mexicaines ont traité ce groupe d’étudiants, l’un des groupes les plus vulnérables du pays.

La réalité que le Mexique a montrée au monde est décevante. Le cas d’Iguala, ainsi que de nombreux autres événements de ces derniers mois, a clairement fait savoir que l’on ne parle ici de criminels ordinaires, mais de la criminalité de représentants du gouvernement à l’échelon local et fédéral qui, par action ou par omission, ont permis ce qui s’est passé et maintenant ne semblent pas faire ce qu’il faut pour le résoudre et rétablir la confiance dans ce gouvernement. Nous ne comprenons pas que le gouverneur de Guerrero n’ait pas encore démissionné et que les autorités fédérales soient satisfaites de cette situation. Nous savons tous que le gouverneur était au courant de la situation à Iguala – lui-même l’a déclaré ainsi et il a affirmé que l’Armée et le bureau du procureur général étaient eux aussi informés. Nous nous demandons alors, de quelles autres situations de collusion entre le crime et le gouvernement, qu’aucune loi l’Etat ne pourrait tolérer, ont connaissance les autorités?

Nous écrivons cette lettre parce que le Mexique et ses habitants méritent beaucoup plus: un véritable État de droit et de Justice. Aucun gouvernement ne peut permettre ou se permettre de faire des actes de barbarie tels que ceux arrivés à Ayotzinapa.

Pour tout cela, nous exigeons:

1. Le retour, en vie, des 43 normaliens disparus

2. La fin des représailles et du harcèlement contre les étudiants de l’école Normale d’Ayotzinapa et contre les étudiants en général.

3. L’arrestation, jugement et des sanctions, dans le respect des lois en vigueur, à l’encontre du maire José Luis Abarca et sa femme María de los Ángeles Pineda Villa.

4. La démission du Procureur général de la République, Lic. Jesús Murillo Karam, s’il venait à être démontré qu’il avait pleine connaissance des actions illicites du maire Abarca et qu’il a maintenu cette situation sous silence.

5. La démission immédiate d’Ángel Aguirre Rivero, gouverneur de l’état de Guerrero, ainsi que du Lic. Iñaki Blanco Cabrera, procureur du même état, ainsi que de tous les membres de l’armée qui ont eu connaissance, ont masqué voire participé à ces actions.

6. Une enquête fiable, réelle et transparente, avec la participation d’experts et d’observateurs internationaux, tels que l’équipe argentine d’anthropologie légiste.

Nous n’arrêterons pas d’insister par tous les moyens. Nous continuerons d’être attentifs aux évènements et élargirons nos réseaux d’information parmi des collègues, des étudiants et des amitiés au Mexique et à l’étranger. Nous ne pouvons pas permettre que les massacres tels que celui de 1968 ou la persécution et extermination de populations indigènes/paysannes comme celle d’Acteal ou d’Aguas Blancas se reproduisent. Ayotzinapa a franchi toutes les limites.

Notre indignation et notre solidarité se joignent à celles des étudiants normaliens mexicains et leurs familles.

Nous voudrions que les 43 portés disparus puissent lire cette lettre un jour aussi. Nous la leur adressons, ainsi qu’à tous ceux qui ont été retrouvés ensevelis dans les charniers clandestins qui ne cessent d’être découverts, à tous ceux qui méritent bien plus qu’une lettre et une protestation. Ils méritent tous les efforts de ce gouvernement et des citoyens dans et en dehors du pays. Nous devons assumer notre responsabilité face à cette situation inacceptable et exiger sans trêve : la justice, un réel état de droit, une politique au service de la citoyenneté et de sa protection, et une totale transparence dans les actions des fonctionnaires et représentants de la Nation. Chaque disparu et chaque assassiné aux mains des criminels, militaires ou policières représente une perte incalculable pour notre pays. Ayotzinapa touche
très profondément tout(e)s les soussignés. Pour eux et pour nous, nous exigeons justice.

Ils les ont emmenés vivants, nous voulons les récupérer vivants !

#AyotzinapaSomosTodxs

#WeAllAreAyotzinapa

#JusticeForAyotzinapa

#JusticiaAyotzinapa

SI VOUS RÉSIDEZ EN DEHORS DU MEXIQUE, VOUS POUVEZ VOUS JOINDRE À CET EFFORT COLLECTIF EN SIGNANT CI-DESSOUS. CETTE LETTRE SERA PUBLIÉE DANS LA PRESSE INTERNATIONALE ET REMISE AUX CONSULATS ET AMBASSADES MEXICAINS LE 22 OCTOBRE.

ayotzinapasomostodos@gmail.com


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